Suite de la première partie: La fondation de Montréal et l'arrivée des sulpiciens.

En 1672, on détermine l’emplacement d’une église de pierre dans l’axe de la rue Notre-Dame. Les travaux de construction coûtent une fortune, et c’est finalement au bout de dix ans que l’on ouvre l’église Notre-Dame, qui n’a alors ni clocher ni façade, faute de moyens.

Malgré des agrandissements, l’église devient trop petite. C’est aussi à la suite de la construction d’une église catholique rivale, la cathédrale Saint-Jacques (incendiée en 1852), que le curé et les marguilliers de Notre-Dame décident de reconstruire leur église. L’ancienne église Notre-Dame fut donc démolie en 1830, et sa tour, en 1843 lorsque la construction des deux tours de la nouvelle église fut terminée. La nouvelle église est désormais située en face de l'ancienne. Ses traces sont visibles au sol sur la Place d’Armes actuelle et sur le parvis.

La Place d'Armes, Montréal, Qc 1828. Une aquarelle de Robert Auchmuty Sproule. Musée McCord. Une vue de l'ancienne église Notre-Dame. 

Le choix d'un architecte

La Fabrique Notre-Dame forme donc un comité de construction de quinze membres qui a pour mandat, en plus d’organiser des levées de fonds, de choisir l’architecte d’une église qui peut accueillir 8 000 fidèles et être la plus belle d’Amérique. Pour ce faire, ils choisissent un architecte protestant de New York, James O’Donnell.

O’Donnell s’inspire du style néogothique alors en effervescence en Europe et aux États-Unis. L’architecture de la nouvelle église Notre-Dame est inspirée par les deux tours de Notre-Dame de Paris et de Saint-Sulpice. Son oeuvre devient la première église de style néo-gothique du Canada.

Malgré les conditions météorologiques qui empêchent les ouvriers de travailler l’hiver, la construction ne prendra que 35 mois, de 1824 à 1829, entre avril et octobre. Il faut toutefois attendre plus de dix ans pour l’installation des clochers, faute de moyens. O’Donnell meurt en 1830 après s’être converti au catholicisme. Son corps repose dans la crypte de la Basilique. Les visiteurs qui font le Grand Tour peuvent d’ailleurs la voir.

En 1841 on complète la tour Ouest, nommée La Persévérance. Depuis 1848 elle loge le célèbre bourdon Jean-Baptiste qui pèse 10 900 kg qui provient d’Angleterre. La tour Est, nommée La Tempérance, est terminée en 1843 et abrite un carillon de dix cloches de la même fonderie anglaise.

En 1865 on complète la façade de l’église en y installant trois grandes statues de Saint-Joseph (le Canada), de la Vierge Marie (Montréal) et de Saint Jean-Baptiste (le Québec). Son décor intérieur n’a pas pu être achevé du vivant de O’Donnell. Il suscite de nombreuses critiques à l’époque, en particulier à cause de l’éclairage. En effet, une verrière à la place du sanctuaire actuel aveuglait les fidèles durant les messes d’une lumière en contre-jour. Dès 1856, la Fabrique Notre-Dame demande une révision des plans. Sous la direction de l’architecte montréalais Victor Bourgeau, les travaux d’embellissement du décor intérieur sont achevés en 1880.

L'ancienne décoration du sanctuaire, vers 1860. Archive du Musée McCord. Don de Frank Toker à la Basilique.

D'église à basilique

Notre-Dame a pris racine dans ce que nous appelons aujourd’hui le Vieux-Montréal. Elle a fait partie des grands événements du XIXe et XXe siècle. C’est le Pape Jean-Paul II qui, le 21 avril 1982, élève l’église Notre-Dame au rang de basilique mineure. Une occasion de reconnaitre l’importance religieuse, historique et artistique de la basilique Notre-Dame de Montréal, l’un des joyaux du patrimoine québécois.

La Basilique vers 1895.

 

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Avant la construction des hautes tours au centre-ville de Montréal, les clochers de Notre-Dame résonnaient dans toute la ville.