Fêtes religieuses

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Crédit d'image : Alain Régimbald

L'opportunité de vivre un moment exceptionnel

Tout au long de l’année, plusieurs fêtes établies dans le calendrier liturgique donnent lieu à des cérémonies spéciales auxquelles tous.tes sont invité.e.s.

Ces fêtes sont toujours accompagnées de l'orgue et souvent de chants et d'animation. Chaque fête offre l'occasion de vivre un moment exceptionnel.

Le temps de Noël

La fête de Noël est sans doute la plus chère au cœur du peuple chrétien.  Elle s’accompagne de poésie, d’émerveillement, sans doute de beaux souvenirs pour plusieurs.  Mais la cause principale de cet émerveillement, c’est la prise de conscience de l’amour infini dont Dieu a fait preuve pour le genre humain.  Le Père a envoyé son Fils pour accompagner les hommes et les femmes dans leur recherche de Dieu qui empruntait souvent des chemins qui ne menaient nulle part.  Dieu a pris la vie humaine au sérieux au point de venir la partager.  Et il ne l’a pas fait à moitié.  Il a voulu naître comme un petit enfant, et connaître toutes les étapes de l’évolution de chacun.  Le fait que nous retrouvions un petit bébé dans la crèche vient nous dire deux choses.  D’abord, qu’il se fait petit, justement.  Il ne veut pas nous écraser par sa grandeur.  Il veut nous apprivoiser, en quelque sorte.  Il veut que nous osions nous approcher de lui.  Nous nous attendrissons facilement devant un enfant.  Imaginez : Dieu veut que nous éprouvions la même chose en nous approchant de lui.  L’autre aspect qui retient notre attention, c’est le fait de la crèche.  Dieu, créateur du ciel et de la terre, a voulu être déposé dans une mangeoire d’animaux.  Quel père ou quelle mère désirerait cela pour son enfant?  Dieu nous signifiait qu’il voulait partager toutes les difficultés de notre vie.  En parlant, un peu plus loin, du carême et du temps pascal, nous rencontrerons la croix.  Mais, déjà, la crèche nous livre un message fort. 


Noël à la Basilique

La fête se situe donc au 25 décembre, nous le savons très bien.  Cet événement revêt une telle importance qu’il faut bien s’y préparer.  Voilà pourquoi les quatre dimanches précédents nous aideront à mieux entrer dans cette célébration.  Il s’agit donc de la période de l’Avent.  (Ce mot vient du latin « adventus », qui signifie « venue ».  Nous allons partager l’espérance du peuple de l’Ancienne Alliance qui attendait la venue du Messie.  Notre attention sera attirée par la couronne de l’Avent, où nous allumerons une bougie à chaque dimanche.  La lumière progresse jusqu’à la venue du Messie.

Le jour même de la fête, nous retrouvons deux moments principaux : la nuit et le jour.  Nous avons connu ou entendu parler de la messe de minuit, dont l’horaire s’étend maintenant sur l’ensemble de la soirée.  L’évangile nous dit que les bergers ont entendu la bonne nouvelle de la naissance du Messie en pleine nuit.  À la basilique Notre-Dame, nous vivons trois célébrations en soirée.  La première, compte tenu du fait la venue de Jésus enfant, s’adresse aux familles, avec une attention particulière pour les enfants.  On y retrouve la crèche vivante, où des jeunes sont invités à illustrer la proclamation de l’évangile.  Les deux autres messes revêtent  un caractère  plus solennel, avec un déploiement musical plus élaboré.

Il faut dire un mot de deux autres célébrations.  Le 1er janvier, nous fêtons Sainte Marie Mère de Dieu.  La collaboration de la Vierge a été indispensable à la venue sur terre du Fils de Dieu.  Nous rendons grâce au Seigneur pour la mise en œuvre de son plan de salut

Le dimanche suivant, nous célébrons l’Épiphanie.  À la suite des humbles bergers accourus dans la nuit de Noël, apparaissent  de grands savants venus d’un pays lointain.  Dieu a voulu le salut pour toute l’humanité.  Nous nous  réjouissons de cette très bonne nouvelle.

Crédit d'image : Alain Régimbald

Le temps de carême

Le carême se présente comme un des temps forts qui rythment la vie d’une communauté paroissiale. Le mot évoque le chiffre quarante : les quarante ans du peuple d’Israël avant d’entrer en terre promise, ou les quarante jours passés par Jésus au désert avant de commencer sa mission. Dans nos souvenirs, c’est peut-être une image d’austérité qui prévaut. Nous parlerons plutôt de préparation. Pour Israël, il s’agissait de se rendre apte à entrer en terre promise. Pour Jésus, il s’agissait de se rendre disponible pour sa mission.

Le peuple chrétien a choisi cette période de quarante jours pour se préparer à la fête de Pâques, et pour préparer les candidats au baptême. En effet, pour les adultes, la date qui convient le mieux à la célébration du baptême est justement celle de Pâques. Il vous est peut-être arrivé d’assister à une de ces étapes de préparation lors d’un dimanche de carême.

Nous avons évoqué l’austérité qui peut marquer cette période. En effet, il en faut, afin de faire de la place : place à une vie nouvelle, puisque le baptême fait entrer quelqu’un dans une vie différente de celle qu’il avait connue auparavant. Pour les « vieux baptisés » que nous sommes, invitation aussi à faire de la place, car nous n’avons peut-être pas été toujours ouverts à cette nouveauté que nous offre le Christ.


Mercredi des Cendres

Nous serons donc invités à vivre le Mercredi des Cendres. Nous poserons un geste d’humilité, afin de reconnaître le besoin d’accueillir cette nouveauté qui viendra peut-être bousculer certaines de nos vieilles habitudes. Les plus anciens d’entre nous se souviennent que nous étions invités à jeûner tous les jours de carême, sauf les dimanches. Maintenant, il n’y a plus que deux jours de jeûne obligatoire, le Mercredi des Cendres et le Vendredi saint.

On peut jeûner de bien des façons. On peut jeûner de télévision, de toutes sortes d’activités qui nous rendent moins disponibles à écouter la Parole de Dieu. Car, une des caractéristiques du carême, c’est justement l’écoute de la Parole de Dieu, qui nous permet d’accueillir le renouveau que Dieu veut opérer dans notre cœur. Les prophètes de l’Ancien Testament attiraient déjà l’attention sur le jeûne qui plait le plus au Seigneur : pratiquer le partage avec nos frères et nos sœurs qui ont faim, ou qui éprouvent toutes sortes de besoins pour lesquels nous pourrions les aider.


Le Triduum pascal à la Basilique

Ainsi, nous entreprenons cette marche qui va nous conduire jusqu’aux derniers jours de cette période. Nous parlons du Triduum pascal. Les Pères de l’Église parlaient des trois jours du Christ mort, enseveli et ressuscité. En fait, ce triduum commence le jeudi soir car, chez les Juifs comme chez les chrétiens d’Orient, la journée commence la veille au soir.

Le Jeudi Saint évoque la dernière Cène, le repas que Jésus prit avec ses disciples, avant de s’en aller à sa Passion. C’est à ce moment qu’il nous a fait don de l’Eucharistie. C’est aussi alors qu’il a donné le sens de ce qui allait arriver le lendemain. Nous célébrons donc la messe, où nous entendons Jésus dire : « ceci est mon corps, livré pour vous ». Il offre déjà ce qui va se passer dans quelques heures. Nous assistons aussi au lavement des pieds, ce service humble que Jésus a rendu à ses disciples, afin de manifester qu’il s’engageait dans la voie du service suprême. À cause du don de l’Eucharistie, nous sommes aussi invités à vivre un moment d’adoration en sa présence après la célébration.

Le Vendredi Saint est marqué par le souvenir de la Passion de Jésus. Un long récit évangélique nous rappellera toutes les étapes de ce drame. Mais, attention! Il ne s’agit pas de vivre cette journée dans un climat de tristesse. Éclairés par ce que nous avons vécu la veille, nous comprendrons qu’il s’agit de la victoire de l’amour. C’est sur la croix que Jésus remporte cette ultime victoire. C’est pourquoi nous ferons aussi monter vers le Seigneur une très longue prière pour toutes les intentions du monde, car Jésus victorieux présente toutes nos demandes au Père, avec la confiance qui l’a toujours caractérisé. Nous rendrons aussi hommage à la croix, puisqu’elle devient le symbole de l’amour plus fort que tout.

Le Samedi Saint, c’est le moment de l’attente. Puis, en soirée, éclatera la joyeuse nouvelle de la Résurrection avec l’entrée dans le temps pascal.

Le temps pascal

Si le carême dure quarante jours, le temps pascal, lui, en dure cinquante. C’est le temps que nous voulons nous donner pour assimiler la victoire du Christ sur le mal et la mort. Cette période comprend trois pôles : Pâques, l’Ascension et la Pentecôte. La fête de Pâques, elle-même, nous présente deux volets : la veillée et le jour même.


La veillée pascale

Le samedi saint au soir, donc, nous entrons dans la veillée pascale. Le mot le dit : nous allons veiller. Cette célébration dure plus longtemps que celles auxquelles nous sommes habitués. L’église est d’abord plongée dans la pénombre, puis dans l’obscurité. On allume le feu nouveau. Ça nous fait penser que la victoire du Christ vient illuminer beaucoup de nos noirceurs. À partir de ce feu, on allume le cierge pascal, puis les cierges de tous les membres de l’assemblée. C’est un peu comme la bonne nouvelle de la Résurrection qui veut se répandre dans le monde. Quand on veille autour du feu, parfois, on chante. Ici, la louange pascale va s’élever pour acclamer la victoire de l’amour de Dieu.

Puis, on va ouvrir l’album de famille. On va se raconter ce qui, dans l’histoire du peuple d’Israël, a préparé les événements que nous célébrons. Si on est prêt à veiller, on pourrait entendre jusqu’à sept lectures de l’Ancien Testament. Ici, à la Basilique, on en écoute habituellement trois ou quatre. Le fait central qui est évoqué, c’est la traversée de la Mer Rouge qui a marqué la libération du peuple hébreu de l’esclavage d’Égypte. Chacune des lectures est accompagnée d’un psaume et d’une prière qui souligne les liens entre ces événements anciens et les événements nouveaux réalisés par le Christ Dans le cas de la traversée de la Mer Rouge, le cantique qui y répond se montre particulièrement impressionnant.

Après cette série de lectures, l’orgue, qui s’est fait très discret depuis le jeudi saint, vibre de nouveau pour nous inviter au chant du Gloire à Dieu. Puis nous écouterons un extrait d’une lettre de saint Paul qui nous parle du baptême, puisque la veillée pascale est organisée en fonction, entre autres, de l’accueil de nouveaux baptisés. Ensuite, nous entendrons l’évangile de la résurrection.

Après quoi, l’attention va se concentrer sur l’eau puisque, nous venons de le dire, on va procéder à des baptêmes. On va prendre le temps de bénir cette eau, de façon solennelle. Le prêtre reprend les éléments d’histoire évoqués plus haut et demande au Seigneur d’agir maintenant en faveur des nouveaux baptisés. Dans le cas des baptêmes d’adultes, le rite sera accompagné de celui de la confirmation.

Les membres de l’assemblée, témoins de tout ceci, sont maintenant invités à renouveler leurs promesses de baptême. Puis, le prêtre circulera dans l’assemblée, pour asperger les participants avec l’eau baptismale.

L’Eucharistie qui suit correspondra donc à la première communion de nouveaux baptisés.


Le jour de Pâques

Le jour de Pâques, nous regardons la même merveille d’un autre point de vue. L’évangile nous conduit au tombeau vide. La résurrection de Jésus n’est pas un événement spectaculaire, mais une réalité qui se propose à notre foi. Saint Jean, qui nous raconte cette visite au tombeau vide, a su reconnaitre les signes : « il vit et il crut », nous dit le texte. Cette messe revêt, on s’en doute, une solennité particulière par la musique et le chant.


L’Ascension

Puis, quarante jours, plus tard, nous sommes invités à fêter l’Ascension de Jésus. (En fait, ce quarantième jour nous situerait un jeudi; dans nos pays, on reporte cette célébration au dimanche suivant, pour permettre à un plus grand nombre d’y participer). Il s’agit donc de la dernière apparition de Jésus. Avec lui notre humanité entre dans la gloire du ciel. Les apôtres ont été un peu désarçonnés par ce départ. Jésus a promis qu’il serait avec nous jusqu’à la fin des temps... mais autrement. Entre autres, c’est par l’action de l’Église qu’il se rendra présent à nous. Cette dernière remarque nous conduit à la fête suivante.


La Pentecôte

Nous arrivons donc au cinquantième jour (c’est le sens du mot Pentecôte). Dans le calendrier juif, une fête porte ce nom. En ce jour, l’Esprit Saint est descendu sur les Apôtres de façon assez spectaculaire, par le phénomène des langues de feu et aussi le fait que tous les auditeurs comprenaient les Apôtres, chacun dans sa langue. Les amis de Jésus, timorés jusque-là, se sont lancés avec audace dans l’annonce de la Bonne Nouvelle. C’est donc la fête du début de la mission de l’Église, mission qui se continue encore aujourd’hui.

Le cierge, mis en vedette dans la nuit de Pâques, disparaîtra à partir de ce moment. Le dernier jour de cette période sera également signalé à la fin de la célébration. L’alléluia, qui s’était tu pendant le carême, a retenti de façon spéciale depuis le jour de Pâques. Pour marquer la fin de cette période, il sera présent même dans la façon de saluer l’assemblée.

Donc, une cinquantaine très festive, qui invite en même temps à intérioriser cette Bonne Nouvelle. Dieu le Père nous a aimés jusqu’à envoyer son Fils qui a réalisé notre salut et lui-même nous envoie son Esprit pour que nous puissions en vivre.

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